◼️ Effarouchement renforcé des ours par les éleveurs : Pays de l’Ours – Adet et plusieurs autres associations de la coordination Cap Ours saisissent le Conseil d’État contre un arrêté « illégal et dangereux »
L’association Pays de l’Ours – Adet, membre de la coordination Cap Ours, annonce le dépôt imminent d’un recours devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de l’arrêté ministériel du 13 juillet 2026. Ce texte autorise à nouveau les éleveurs et bergers à pratiquer des tirs d’effarouchement renforcé contre l’ours brun, une espèce pourtant classée « en danger critique d’extinction » en France.
Un déni de démocratie et une insulte à l’expertise scientifique
Le gouvernement a choisi de passer en force en publiant cet arrêté alors que :
- Selon l’analyse de l’Etat, la consultation publique a été massivement défavorable : 75,5 % des 2 626 contributeurs se sont opposés à ce projet.
- Le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) a émis un avis défavorable à l’unanimité (21 voix contre 0), soulignant l’absence de garanties pour la conservation de l’espèce.
Un risque majeur de dérapages et de tirs létaux
En confiant l’usage d’armes à feu à des personnes privées, directement impliquées émotionnellement par la prédation, l’État crée une situation explosive. L’association dénonce un risque critique de passage à l’acte létal, favorisé par l’absence de supervision directe des agents de l’OFB sur le terrain. Des précédents de détention illégale d’armes sur les estives et de destructions illégales d’ours par le passé rendent cette dérogation au statut de protection de l’ours brun particulièrement préoccupante.
Une mesure techniquement inefficace
L’analyse des faits, notamment sur l’estive d’Arreau en 2025, montre que la majorité des attaques a eu lieu par temps de brouillard sur des animaux égarés ou non regroupés. Dans ces conditions, les tirs d’effarouchement sont inopérants et dangereux. L’État persiste dans une logique de « représailles » plutôt que d’investir dans les seules solutions éprouvées : le triptyque de protection (berger, chiens, parcs électrifiés) et le recours à des bergers d’appui, solution aussi efficace que l’effarouchement, moins chère et moins risquée.
Un acharnement juridique voué à l’échec
Le Conseil d’État a déjà annulé des dispositions similaires en 2021 et 2022, au motif qu’elles ne garantissaient pas le maintien de la population dans un état de conservation favorable. Avec une population efficace (Ne) de seulement 8,2 individus en 2019 — bien en dessous du seuil de survie de 50 —, chaque perturbation intentionnelle aggrave le risque d’extinction. Les tirs à 120 dB peuvent en outre causer des dommages auditifs irréversibles et provoquer la séparation de portées d’oursons de leur mère.