Etat des lieux de la population d’ours

Établi à partir des données du Réseau Ours Brun coordonné par l’Office Français de la Biodiversité (OFB)

◼️ Présentation et historique

En 2023, la population d’ours des Pyrénées est composée d’au moins 83 individus.

A l’exception du mâle Cannellito, tous les ours présents sont issus des 11 ours lâchés dans les Pyrénées depuis 1996, mais de manière très inégale.
Si 7 des 11 ours lâchés se sont reproduits, mais avec des succès très différents :

  • Il ne reste qu’un descendant de la femelle Ziva (lâchée en 1996) : Néré, qui a maintenant 27 ans. Il a généré 5 oursons dont aucun ne s’est reproduit à ce jour.
  • De la seconde femelle lâchée en 1996, Mellba, il n’est restée que la femelle Caramelles, qui elle a eu 20 oursons avant d’être abattue par un chasseur en 2021.
  • Le mâle Pyros, lâché en 1997, est resté le mâle dominant jusqu’en 2017. Près de 90% des ours présents dans les Pyrénées sont ses descendants, parmi lesquels figurent les mâles dominants actuels (Pépite, Flocon Boet …).
  • Les femelles Palouma, Franska et Sarousse, lâchées en 2006, sont disparues sans avoir eu d’ourson.
  • La femelle Hvala, également lâchée en 2006, a eu 11 oursons avant de disparaître en 2018.
  • Les mâles Balou et Goiat, lâchés en 2006 et 2016, sont disparus en 2014 et 2021. Leur descendance (1 et 3 oursons) est également disparue.
  • La femelle Sorita, lâchée 2018, a eu 7 oursons, dont 5 vivants en 2023.
  • La femelle Claverina, également lâchée en 2018, est toujours vivante mais n’a pas eu d’ourson à ce jour.

◼️ Bilan général

En 2023, + de 90% des ours présents sont issus de 3 individus : les femelles Mellba et Hvala, et le mâle Pyros.
L’arbre généalogique ci-contre, produit par Pays de l’Ours – Adet à partir des données du Réseau Ours Brun, coordonné par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), en rend compte clairement.

Chaque couleur correspond à 1 femelle :

  • Vert : lignée Mellba
  • Rose : lignée Hvala
  • Orange : lignée Sorita

◼️ Diversité génétique

La diversité génétique de la population est logiquement faible. Une étude de 2020 présentée en annexe p31 du rapport ROB 2021 en atteste :

  • « Près de 70% du patrimoine génétique de la population est généré par un seul mâle (Pyros) et une seule femelle (Hvala) »
  • « Le mâle dominant Pyros contribue à lui seul pour près de 50% du pool génétique de la population, alors qu’il présente une faible diversité génétique individuelle.« 
  • De nombreuses portées sont consanguines : « entre 2006 et 2020, on compte 13 accouplements entre père et fille, quatre entre frère et sœur et un accouplement entre demi-frère et demi-sœur. »

Logiquement, les indicateurs de la santé génétique de la population ne sont pas bons :

  • La population efficace (nombre d’individus qui contribuent réellement à l’avenir génétique de la population) n’est que de 8,2 alors qu’une population viable doit en compter au moins 50.
  • Le coefficient de consanguinité a doublé entre 2006 et 2020, passant de 0,06 à 0,13. Le seuil à ne pas dépasser est 0,20.
  • L’hétérozygotie de la population est significativement plus faible en 2020 qu’en 2006 (de 0,572 à 0,637).
  • « On observe donc globalement une perte de diversité génétique dans la population ursine pyrénéenne depuis 2006. »

◼️ Perspectives

L’étude de 2020 n’a pas été actualisée. Nous pouvions avoir quelques espoirs, mais tout porte à penser que la situation s’est encore dégradée, considérant les évènements intervenus depuis :

  • Disparition du mâle Goiat (lâché en 2016) et de toute sa descendance ;
  • Disparition du seul descendant du mâle Balou (lâché en 2006), lui-même disparu ;
  • Disparition de la femelle Sarousse (lâchée 2006), sans aucun descendant ;
  • Le mâle Néré, maintenant âgé de 27 ans, ne s’est plus reproduit depuis 2020 et aucun de ses descendants ne s’est encore reproduit ;
  • Le mâle Cannellito (unique porteur de gènes de la population de souche pyrénéenne) ne s’est toujours pas reproduit;
  • La femelle Claverina (lâchée en 2018) ne s’est toujours pas reproduite ;
  • Les seuls oursons de la femelle Sorita qui ont survécus ont comme père un descendant du mâle ultra-dominant Pyros.

◼️ Conclusion

  • L’évolution démographique de la population d’ours cache une situation génétique mauvaise et qui se dégrade.
  • Nous ne voyons plus sur quelles bases fonder raisonnablement l’espoir d’un avenir favorable pour la population d’ours des Pyrénées.

Ensemble, sauvons l’ours dans les Pyrénées !

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