L’Ours en question, questions sur l’Ours

L’ours

🐻 Combien sont-ils ? Où sont-ils ?

70 ours vivent actuellement dans les Pyrénées (versants français et espagnol). Comme pour toute population sauvage, il est impossible d’en connaître précisément en permanence l’effectif et les localisations, mais il est certain qu’il n’y en aurait plus aucun aujourd’hui sans les lâchers réalisés depuis 1996.
Pour une information détaillée sur les effectifs et les localisations, cliquer sur le lien ci-contre =>

Tout savoir de la répartition des ours dans les Pyrénées
Tout savoir sur l’ours dans les Pyrénées

🐻 L’ours fait-il partie de la biodiversité pyrénéenne ?

Oui, incontestablement. L’ours brun est présent dans les Pyrénées depuis 250 000 ans. C’est peu dire qu’il a eu le temps de s’y adapter… L’ours brun est donc un élément incontestable de la biodiversité pyrénéenne. À titre de comparaison, l’agropastoralisme s’est développé dans les Pyrénées il y a 3 000 ans environ, le mouton n’ayant pas d’ancêtre sauvage pyrénéen, ni même européen. Il descend du mouflon asiatique, domestiqué il y a 10 000 ans environ.

🐻 Et ailleurs ?

Toutes les populations d’ours d’Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce et France) sont réduites (entre 60 et 400 individus) et nécessitent des mesures de conservation. On trouve des populations plus importantes (plusieurs centaines à plusieurs milliers d’individus) en Europe centrale (Croatie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie…) et en Europe du Nord (Russie, Scandinavie).

Tout savoir sur l’ours en Europe

🐻 La population actuelle est-elle viable ?

Non. Les ours présents ne sont ni assez nombreux ni assez diversifiés génétiquement pour se maintenir à long terme. Pour viabiliser les deux sous-populations d’ours pyrénéennes, les experts préconisaient en 2013 de lâcher 17 ours, dont 13 en Pyrénées occidentales et 4 en Pyrénées centrales. Depuis, seulement 3 ours ont été effectivement lâchés (2 femelles et un mâle).

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🐻 Comment évolue le territoire de l’ours ?

La zone de présence d’ours fluctue au fil des déplacements, notamment des jeunes mâles. Il va pour l’essentiel du Couserans (Ariège) au Béarn (Pyrénées-Atlantiques) pour la partie française, et de l’Aragon au Pallars-Sobira (Catalogne) pour la partie espagnole. Cela représentait un peu + de 8 000 Km² en 2020.

🐻 Quelles sont les causes de la régression de l’ours dans les Pyrénées ?

Historiquement, c’est la chasse qui a décimé la population d’ours. Elle était à l’époque non seulement légale, mais aussi encouragée par des primes. Les chasseurs qui parvenaient à abattre des ours en tiraient un revenu conséquent (vente de la peau, de la viande, de la graisse, primes, quêtes…). De 1850 à 1914, de nombreux oursons ont été prélevés pour les montreurs d’ours, cela a également eu un impact significatif sur la population d’ours. La chasse à l’ours a été définitivement interdite en 1962, mais des ours ont été braconnés depuis. Tout cela a malheureusement conduit la population d’ours en deçà du seuil de viabilité, et les mesures de protection ont été trop tardives et trop timides pour enrayer le déclin… jusqu’aux premiers lâchers en 1996.

Vous voulez en savoir plus sur l’histoire des ours dans les Pyrénées ?

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🐻 Comment l’ours se reproduit-il ?

L’ourse met normalement au monde 2 ou 3 oursons tous les 2 ou 3 ans. Il est arrivé d’observer (jamais dans les Pyrénées) des portées de quatre, et même exceptionnellement cinq oursons. Les ours peuvent commencer à se reproduire entre 3 et 5 ans. Mâles et femelles ne se fréquentent qu’en mai-juin, pour l’accouplement, et les oursons naissent en plein hiver, dans la tanière maternelle. À la naissance, ils ne pèsent que 300 grammes, mais ils prennent environ quinze kilos par an pour peser, une fois adulte, 80 à 150 kg pour une femelle et 120 à 250 kg pour un mâle.

🐻 Que mange un ours ?

Qu’il soit d’origine pyrénéenne ou slovène, l’ours brun est un omnivore opportuniste. Il glane le long de ses déplacements tout ce qui peut le nourrir. L’ours connaît bien son territoire et il sait où et quand il trouvera des aliments très variés au fil de l’année. C’est donc le milieu et les ressources du territoire qu’il fréquente, bien plus que son origine géographique, qui conditionnent la composition du régime alimentaire de l’ours. Pas étonnant donc que les ours lâchés dans les Pyrénées aient le même régime alimentaire que les ours d’origine pyrénéenne, soit environ 80% de végétaux et 20% d’animaux (dont beaucoup de charognes et d’insectes).

🐻 Les ours sont-ils nourris en Slovénie ?

En Slovénie, pays d’origine des ours lâchés dans les Pyrénées, les ours vivent dans des conditions naturelles, comme dans les Pyrénées. Ils trouvent leur nourriture par eux-mêmes, dans un milieu très semblable à nos forêts. Mais, l’ours étant chassé en Slovénie, ils sont appâtés avec du maïs à proximité de miradors. Cette technique permet aussi de les compter, de les attirer vers les zones de capture afin de les équiper d’un émetteur-radio ou pour un déplacement vers un pays souhaitant restaurer sa population d’ours.

🐻 Les ours s’approchent-ils des habitations ?

Oui. La nuit, en l’absence de toute présence humaine, il arrive qu’un ours s’approche d’habitations, comme le font des cerfs ou des sangliers. Cela ne constitue pour autant pas un danger, l’ours fuyant à la première perception de présence humaine.

🐻 Quelles sont les causes de mortalité des ours ?

Un nombre important d’oursons meurent les deux premières années, d’accident (chutes, noyade…), de faim, de froid, de maladie, tués par un mâle adulte qui cherche à s’accoupler avec leur mère ou par d’autres prédateurs (carnivore, rapace). Devenu adulte, l’ours peut vivre « vieux », c’est-à-dire jusqu’à 25 / 30 ans. Il meurt parfois avant, d’un accident de chasse, d’une collision avec un véhicule (voiture, camion, train), voire exceptionnellement d’une chute ou enseveli par une avalanche.

🐻 L’ours est-il dangereux ?

Pas particulièrement. L’ours brun européen est méfiant et craintif envers l’homme. Il évite tout contact autant que possible. En cas de rencontre, l’ours cherche toujours à fuir. S’il se dresse sur ses pattes arrières, ce n’est pas un signe d’agressivité, mais une position lui permettant de mieux identifier ce qui approche grâce à son odorat. Comme pour toutes les espèces de grande taille, sauvage ou domestique, la présence de petits (oursons, veaux, poulains …) doit inciter à une prudence particulière.
Depuis les premiers lâchers, on note quelques cas de charges d’intimidation de la part de femelles protégeant leurs petits, mais aucune attaque.
La dernière attaque d’un homme par un ours dans les Pyrénées remonterait à 1850.

🐻 Que faire en cas de rencontre ?

Rester calme ; ne surtout pas chercher à l’effrayer, ce qu’il interpréterait comme une agression ; se manifester calmement s’il ne vous a pas repéré ; s’éloigner sans courir en lui ménageant un chemin de fuite.
Les anciens conseillaient aux enfants de parler à l’ours, en étant poli avec lui afin de ne pas l’offenser. Ces conseils restent pertinents, en ce qu’ils impliquent calme et respect.

🐻 Qui est responsable en cas d’attaque sur les troupeaux ?

Les animaux sauvages n’appartenant à personne, personne en particulier n’est responsable de leurs agissements. Le fait que des animaux soient réintroduits ne change rien à leur statut juridique. Si l’État a décidé d’indemniser les dégâts des ours faits aux troupeaux alors qu’il n’y est pas obligé, c’est afin de favoriser la cohabitation élevage – ours.

🐻 L’ours brun est-il menacé en Europe ?

Oui. Au cours de l’Antiquité, l’ours brun peuplait la quasi-totalité de l’Europe. Au cours du seul vingtième siècle, les territoires occupés par les ours se sont réduits de 80%. De nombreuses populations sont réduites, voire fragiles : Autriche, Espagne, Italie, Grèce, France… Chaque pays abritant encore des ours est responsable devant l’Humanité et les générations futures de la conservation de l’espèce. La France, souvent prompte à donner des conseils aux autres, ne peut ainsi se soustraire à cette responsabilité.

🐻 Quel est le statut juridique de l’ours ?

L’ours brun est une espèce protégée, c’est- à-dire que la destruction, la naturalisation, le transport, le commerce… mais aussi la mutilation et le dérangement d’ours, sont interdits. Plusieurs textes internationaux imposent à la France de conserver une population d’ours viable, notamment la Convention de Berne et la Directive européenne « Habitats, faune, flore ». La France n’a pas le choix : elle doit sauver l’ours dans les Pyrénées.

🐻 N’aurait-il pas mieux valu conserver l’ours d’origine pyrénéenne ?

Bien sûr ! Mais la politique de protection fut bien trop tardive et trop molle pour cela. Quand les premières actions de protection ont été mises en œuvre, au début des années 80, la population était déjà trop faible pour se maintenir à long terme… À l’époque, les associations étaient bien seules à militer pour sauver l’espèce. Certains qui prétendent aujourd’hui être favorables à la protection de l’ours pyrénéen (mais contre les lâchers d’ours venus de Slovénie) étaient en vérité bien silencieux quand il était encore possible de les sauver …

🐻 Comment sont suivis les ours ?

Cinq méthodes d’étude sont utilisées pour suivre les ours :

  • Le suivi par radio et/ou GPS. Aucun ours n’est actuellement équipé d’un dispositif actif, cette technique étant réservé aux situation particulières (lâcher, ours familier …).
  • La recherche d’indices de présence : traces, crottes, poils, restes de repas, couches, tanières… C’est le travail du « réseau ours brun », coordonné par l’équipe ours de l’OFB.
  • L’analyse génétique des poils et crottes trouvés sur le terrain permet de déterminer le sexe et les liens de parenté entre les ours.
    En 2020, 45 ours ont ainsi été individualisés. C’est une technique très précise quand les échantillons sont de bonne qualité, mais tous ne sont pas analysables, loin de là.
  • La prise de vues automatique (photos et vidéos) permet parfois de reconnaître certains ours, mais aussi d’observer par exemple qu’une femelle est suitée, le nombre d’oursons…
  • La collecte des témoignages : chaque observation d’ours faite par un randonneur, chasseur… est v