◼️ Analyse de la consultation publique sur l’effarouchement des ours dans les Pyrénées et recommandations de Pays de l’Ours – Adet
1. Synthèse Quantitative : Une opposition massive
Du 8 au 29 juin 2026, plus de 2 600 personnes ou organisations se sont exprimées, avec plus de 80% d’avis défavorables à l’effarouchement renforcé des ours par les éleveurs et bergers.
Il convient de tenir compte de cette forte opposition publique, au risque de creuser encore le fossé entre les citoyens et les décideurs.
2. Analyse des arguments défendant les effarouchements
2.1 Arguments de l’Etat
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« Absence d’effets négatifs apparents »
L’absence d’effets négatifs apparents ne signifie pas l’absence d’effets. Aux termes de la Loi, c’est à l’Etat doit démontrer l’absence d’effets délétères. -
« Efficacité concernant l’évitement de la déprédation »
Aucune prédation n’a eu lieu lors des nuits d’effarouchement, mais c’est également le cas lors des nuits de garde par des bergers itinérants, dont la mise en œuvre est moins risquée et moins chère que les effarouchements. La Loi indique que les solutions alternatives doivent être privilégiées.
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« Aucun ourson n’a été séparé de sa mère »
Pour autant que les effaroucheurs aient pu le constater, les opérations se déroulant de nuit … Il reste un cas suspect d’une portée qui a disparue suite à une opération d’effarouchement…
- « des garanties particulières afin de sécuriser la mise en œuvre des mesures par ces opérateurs »
Quelles garanties ? un bilan déclaratif a posteriori ne constitue en rien une garantie, pas plus qu’une formation rapide et superficielle en regard de celle suivie par les agents OFB. - « seuls les troupeaux pouvant attester d’une mise en œuvre effective et proportionnée des moyens de protection du troupeau et de la survenue de dommages malgré la mise en place de dispositifs d’effarouchement simple, pourront bénéficier des effarouchements renforcés. »
Comment est attestée la mise en oeuvre effective des mesures, aucun contrôle n’étant réalisé jusqu’à présent ni prévu … !
Tout est déclaratif (mise en oeuvre de l’effarouchement simple, regroupement, jusqu’aux constats d’attaque sur certaines estives…). - « absence de dommages auditifs »
Affirmation péremptoire, l’Etat n’apporte aucune étude permettant d’affirmer cela.
2.2 Arguments des participants à la consultation se déclarant favorables à l’effarouchement par les éleveurs et bergers
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« Redonner la peur de l’homme à l’ours »
Les études et analyses de l’OFB montrent que l’ours a peur de l’homme, et que leur comportement n’a pas changé depuis le retour de l’espèce il y a 30 ans. Les effarouchements renforcés sont donc infondés et inutiles de ce point de vue, sauf en regard de cette vieille idée que l’homme est au sommet de la création et qu’il doit inspirer la peur à l’ensemble des animaux … -
« Survie du pastoralisme »
Le nombre de brebis transhumantes a notablement augmenté depuis 30 ans, y compris en Ariège.
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« Protéger les troupeaux »
Les mesures de protection sont connues et éprouvées : gardiennage, regroupement nocturne, protection par les chiens. C’est leur développement ces dernières années et non les effarouchements qui ont permis de faire baisser les prédations.
Les marges de progrès principales sont dans le nécessaire développement du rassemblement nocturne avec parc électrifié. 90% des estives ne l’utilisent pas, alors que les études montrent que c’est la mesure la plus efficace. La majorité des attaques cible des brebis isolées, non-regroupées.
Par ailleurs, l’effarouchement renforcé est impossible sur un troupeau non ou partiellement regroupé.
- « Stress des bergers »
Les bergers les plus stressés sont ceux à qui on ne donne pas les moyens de protéger leur troupeau : absence de parc, nombre de bergers insuffisant, manque de considération des éleveurs, pratiques incohérentes imposées …
3. Recommandations de Pays de l’Ours – Adet
Rien ne démontrant l’innocuité des effarouchements, a fortiori l’absence de risque s’ils sont pratiqués sans contrôle par les éleveurs et bergers, Pays de l’Ours – Adet demande à l’Etat de renoncer à autoriser les bergers et éleveurs d’effaroucher les ours au moyen d’armes, a fortiori sans contrôle, et de privilégier ces mesures :
A court terme
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Renforcer les gardes de nuit, aussi efficaces, moins risquées et moins coûteuses que les effarouchements
- Renforcer la formation des professionnels pastoraux aux techniques de protection des troupeaux
A moyen terme
- Relancer les diagnostics de vulnérabilité afin d’optimiser la gestion et la protection des troupeaux de manière différenciée et adaptée à chaque estive
- Compléter la conditionnalité des indemnisations à la mise en œuvre effective des trois mesures de protection
Les dégâts d’ours ne sont qu’un symptôme d’une agriculture de montagne en détresse, l’ultime goutte faisant déborder un vase déjà saturé. L’effarouchement des ours ne doit pas servir d’exutoire commode à la colère des éleveurs, cela ne résoudra aucun de leurs problèmes structurels.
Il serait bien plus pertinent de s’attaquer enfin sérieusement aux causes profondes du malaise :
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Structurelles et économiques : Coût du foncier, transmission des exploitations, dépendance aux aides publiques, manque de valorisation des produits, concurrence internationale déloyale…
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Humaines et sociales : Crise des vocations, vieillissement des exploitants, manque de formation …
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Environnementales et territoriales : Crises sanitaires, conflits d’usage avec le tourisme de masse, dérèglement climatique…