Ours brun d’Alaska © Lisa Hupp

◼️ L’ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante herbivore

Répartition annuelle de l’alimentation de l’ours dans les Pyrénées

Dans les Pyrénées, certains éleveurs le perçoivent plutôt comme un carnivore, mais l’étude de son régime montre bien la diversité de son alimentation. Il satisfait son appétit printanier par la consommation de végétaux herbacés, plus occasionnellement par celle de cadavres. Les racines lui procurent des oligo-éléments.

Dès le début de l’été, il consomme des fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), ce jusqu’en début d’automne dès l’apparition des fruits secs (glands, faines, châtaignes…). En été, iI se nourrit également des protéines d’origine animale que lui procurent notamment les ongulés, domestiques ou sauvages.

◼️ Variation du régime alimentaire de l’ours dans les Pyrénées au cours de l’année

◼️ Que mangent les ours ? – C’est pas sorcier

Ours brun marsicain se nourrissant dans un cerisier – Abruzzes © Paolo Forconi

🐻 Le saviez-vous ?

Qu’ils soient slovènes ou pyrénéens de souche, dans les Pyrénées, les ours ont strictement le même régime alimentaire et sont herbivores pour 60 à 80 % de leur alimentation. Plus de 20 ans de recul le prouvent : ce n’est pas son origine qui fait de l’ours un gros consommateur de brebis, c’est bien la différence de mode de gardiennage des troupeaux. Omnivore, mais surtout opportuniste, l’ours attaque les troupeaux dépourvus de mesures de protection ou les brebis ayant échappé à la vigilance du berger au moment du regroupement pour la nuit.

L’ours et la ruche

Ours marsicain – Abruzzes

L’ours et le pommier

Ours marsicain – Abruzzes

L’ours et les fourmis

Ours brun – Cantabriques

◼️ Comparaison entre ours de souche pyrénéenne et ours de souche slovène

Chez les ours bruns de souche pyrénéenne, la fraction d’aliments d’origine végétale représente 80 % des composants des crottes. Elle comprend plus d’une trentaine d’espèces. Les baies jouent un rôle important ; elles représentent ici, à elles seules, plus de 30 % des restes retrouvés annuellement dans les excréments. La fraction carnée issue de mammifères représente 10 %, dont 4/5ème de bétail domestique et 1/5ème de mammifères sauvages.

Les ours bruns de souche slovène réintroduits dans les Pyrénées centrales ont un comportement alimentaire semblable à celui des ours autochtones. La part des végétaux constituant leur régime alimentaire représente environ 70%, tandis que les composants animales, notamment des insectes, représentent au moins 20% des aliments consommés. La fraction animale issue des mammifères est quant à elle à peu près équivalente (environ 10 à 15%).

Ours brun grizzly © Gregory Smith

◼️ Alimentation et prédation

La prédation sur la faune sauvage n’est pas un recours systématique. A ce jour, aucun impact significatif de la prédation sur les ongulés sauvages en Europe n’a été mis en évidence. Dépourvus des aptitudes prédatrices des canidés et des félidés sauvages, les ours attaquent généralement les individus vulnérables.

Concernant le comportement d’attaque sur le cheptel domestique, il est observé régulièrement sur troupeaux non protégés. Les attaques répétées demeurent souvent le fait d’individus spécialisés, plus généralement des mâles subadultes (ours jeunes, non encore matures sexuellement, âgés de 2 à 4 ans) ou au contraire âgés.

A l’inverse, il est fréquent de rencontrer des individus peu prédateurs, bien qu’ils croisent quotidiennement des troupeaux domestiques.

🐻 Le saviez-vous ?

Certains ours sont plus prédateurs que d’autres mais certaines causes sont purement humaines. Comme l’indique le Dr Claude Guiraud (vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Eco-pathologie de la faune sauvage de montagne) en prenant l’exemple de Franska : « Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits… exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette. » (La dépêche du Midi du 11 aout 2007)

◼️ La prédation sur les ongulés domestiques se fait essentiellement sur les ovins

Dans les Pyrénées, plus de 90 % des dommages concernent les ovins, parfois les caprins, exceptionnellement les équins et bovins. Un ours tue en moyenne 1,5 moutons par attaque.

Le nombre d’attaque par ours est quant à lui variable le long de la chaîne des Pyrénées.

Les ours dans les Pyrénées centrales et orientales font en moyenne plus d’attaques que les individus dans le noyau occidental. Cette différence peut s’expliquer à la fois par la présence d’un plus grand nombre de subadultes et surtout par la différence du type d’élevage et du mode de gardiennage associé.

Les dégâts aux ruches, pour le couvain (oeufs et larves d’abeille), sont anecdotiques en Pyrénées occidentales. En Pyrénées centrales, les dégâts ont quasiment disparus également suite à la mise en place de clôtures électrifiées autour des ruchers concernés.

◼️ Graphique de l’évolution des dégâts entre 1997 et 2018

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