◼️ Pré-hibernation

Dès les premiers froids, les ours commencent à réduire leurs déplacements. C’est le comportement de préhibernation. Vient ensuite le choix du site de tanière. Dans les Pyrénées, les sites choisis par les ours pour passer l’hiver sont principalement des cavités rocheuses naturelles.
Avant l’entrée en tanière, les ours occupent le site pendant plusieurs jours en effectuant de petits déplacements (inférieurs à 1km).
De nombreuses études ont montré que cette période de préhibernation pouvait varier entre 3 et 17 jours. Des résultats similaires (4 à 20 jours) ont été observés sur les ours équipés d’émetteur dans les Pyrénées centrales.

Tanière de l’ours Balou en 2007 – Pyrénées

◼️ Des adaptations physiologiques remarquables

Pour les ours, le repos hivernal permet de pallier le manque de nourriture (et non les températures basses) durant la mauvaise saison en réduisant leurs dépenses énergétiques.

Ils se mettent donc au ralenti : leur rythme cardiaque diminue (de 40-50 pulsations/minutes en activité à 8-12 pulsations/minute en hibernation), leur température corporelle baisse de plusieurs degrés, leur rythme respiratoire est divisé par 2.

Pendant cette période, l’ours ne s’alimente généralement pas (un bouchon fécal se forme et colmate son intestin). Il s’est constitué assez de réserves de graisse, qu’il stocke notamment dans la bosse au garrot, pour tenir tout l’hiver et au début du printemps. Quant à l’eau, elle est recyclée afin de ne pas se déshydrater.
L’ours perd donc du poids pendant l’hiver, mais, fait exceptionnel que les scientifiques n’expliquent pas encore, il ne perd pas de muscles et ses organes vitaux n’en soufrent pas (notamment les reins), contrairement à un homme qui resterait immobilisé plusieurs semaines.

De même, l’ours ne boit pas de l’hiver. Afin d’éviter la déshydratation, l’eau de ses urines n’est pas expulsée, elle est recyclée au sein même de son corps.

Ces adaptations remarquables inspirent les chercheurs qui travaillent sur les vols spatiaux longue durée. De tels vols seraient plus faciles si les hommes étaient capables d’hiberner comme les ours, sans manger ni boire, tout en ne perdant pas de muscles …

◼️ Comportement pendant l’hibernation

Boutxy en plein hiver

Bouxty observé en plein hiver – Pyrénées

Les ours peuvent sortir régulièrement durant l’hibernation et effectuer des petits déplacements autour de la tanière (observations régulières effectuées dans les Pyrénées par les membres de l’équipe technique ours pendant deux hivers consécutifs sur le même ours).

Des mâles adultes ont pu être observés durant les mois d’hiver. Certains ours peuvent même avoir plusieurs tanières dans l’hiver, cas de l’ours Pyros dans les Pyrénées centrales pendant l’hiver 1998-99.

Dans les Pyrénées, les observations indirectes (indices de présence) et directes démontrent clairement une forte baisse d’activité hivernale de novembre – décembre à mars – avril, même si certains individus hibernent peu.

◼️ Durée de l’hibernation

Au sein d’une population, il existe une grande variabilité entre individus dans la durée de la période d’hibernation, selon le statut reproducteur, le sexe, l’âge des individus, et l’état d’engraissement.

Généralement, les mâles adultes restent le moins longtemps en tanière, alors que les femelles accompagnées d’oursons nouveau-nés quittent la tanière tardivement. (En savoir plus sur la reproduction)

Les dates de début et de fin d’hibernation dépendent également des conditions climatiques. Sur le versant espagnol, exposé au sud, les premiers indices d’activité apparaissent fréquemment dès la mi-février.

Sortie d’hibernation d’un ours brun dans l’Himalaya

◼️ Exemples d’observations hivernales dans les Pyrénées

Caramellita et ses 3 oursons – janvier 2016 | Pyrénées

  • Durant l’hiver 1997/1998, Ziva est rentrée en tanière le 24 novembre 1997 et en est sortie le 21 mars 1998 alors que Pyros, lui, a hiberné entre le 12 décembre 1997 et le 13 mars 1998.
  • Le dernier indice d’ours de l’hiver 2004/2005 a été identifié le 8 octobre 2004 et le premier indice d’ours de sortie de tanière fut observé le 20 mars 2005.
  • L’hiver suivant, le dernier indice d’ours est relevé le 31 décembre 2005 et le premier indice est repéré le 30 janvier 2006. Cet indice peut correspondre à un ours qui n’est pas en tanière ou qui est en activité temporaire durant l’hibernation.
  • Durant l’hiver 2013/2014, le dernier indice a été identifié le 10 décembre 2013 et le premier indice est repéré le 12 janvier 2014. La majorité des sorties de tanière a eu lieu cette année là au mois de mars (nombreux d’indices).
  • Durant l’hiver relativement doux de 2015/2016, une ourse avec ses 3 oursons ont pu être observés et filmés le 6 janvier 2016, traduisant ainsi une entrée en tanière tardive pour une femelle suitée (voir vidéo)
  • Durant l’hiver 2016/2017, l’ours Goiat est entré en tanière le 28 novembre et en est sorti le 16 mars, soit 107 jours d’hibernation.
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Découvrez la série de 3 articles « Oursérie » sur l’ours brun réalisé par l’association de vulgarisation scientifique Ad Naturam fait en partenariat avec Pays de l’Ours

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