L'alimentation de l'ours

L'ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétarienne.

Dans les Pyrénées, les éleveurs le perçoivent plutôt comme un carnivore, mais l'étude de son régime montre bien la diversité de son alimentation.

Il satisfait son appétit printanier par la consommation de végétaux herbacés, plus occasionnellement par celle de cadavres. Les racines lui procurent des oligo-éléments.

Dès le début de l'été, il consomme des fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), ce jusqu'en début d'automne dès l'apparition des fruits secs (glands, faines, châtaignes…).

Il se nourrit, pendant la période estivale, également des protéines d'origine animale que lui procurent notamment les ongulés domestiques ou sauvages.

Chez les ours bruns de souche pyrénéenne, la fraction d'aliments d'origine végétale représente 80 % des composants des crottes. Elle comprend plus d'une trentaine d'espèces. Les baies jouent un rôle important ; elles représentent ici, à elles seules, plus de 30 % des restes retrouvés annuellement dans les excréments.

La fraction carnée issue de mammifères représente 10 %, dont 4/5ème de bétail domestique (ovins, caprins, bovins) et 1/5ème de mammifères sauvages.
Les ours bruns de souche slovène réintroduits dans les Pyrénées centrales ont un comportement alimentaire semblable à celui des ours autochtones.
La part des végétaux constituant leur régime alimentaire est toutefois plus faible puisqu’elle représente 68 %, au profit des composants animales, et notamment des insectes, qui représentent au moins 20% des aliments consommés.
La fraction animale issue des mammifères est quant à elle à peu près équivalente (environ 14%).


La prédation


La prédation sur la faune sauvage n'est pas un recours systématique. A ce jour, aucun impact significatif de la prédation sur les ongulés sauvages en Europe n’a été mis en évidence. Dépourvus des aptitudes prédatrices des canidés et des félidés sauvages, les ours attaquent généralement les individus vulnérables.

Concernant le comportement d'attaque sur le cheptel domestique, il est observé régulièrement sur troupeaux non protégés.

Les attaques répétées demeurent souvent le fait d'individus spécialisés, plus généralement des mâles subadultes (ours jeunes, non encore matures sexuellement, âgés de 2 à 4 ans) ou au contraire âgés.

A l’inverse, il est fréquent de rencontrer des individus peu prédateurs, pourtant quotidiennement confrontés à la présence de troupeaux domestiques. Leur proportion varie selon les populations.

La prédation sur les ongulés domestiques se fait essentiellement sur les ovins.

Dans les Pyrénées, plus de 90 % des dommages concernent les ovins, parfois les caprins, exceptionnellement les équins et bovins. Un ours tue en moyenne 1,5 moutons par attaque.

Le nombre d’attaque par ours est quant à lui variable le long de la chaîne des Pyrénées.

Les ours dans les Pyrénées centrales et orientales font en moyenne plus d’attaques que les individus dans le noyau occidental. Cette différence peut s’expliquer à la fois par la présence d’un plus grand nombre de subadultes sur la période considérée et surtout par la différence du type d’élevage et du mode de gardiennage associé.

Les dégâts aux ruches, pour le couvain (oeufs d'abeille), sont anecdotiques en Pyrénées occidentales. En revanche, le goût pour ce type de nourriture se vérifie chez certains ours des Pyrénées centrales.