Massat



Massat à l'époque de Napoléon

Un peu d'histoire...


Le 24 juillet 1802, le pyrénéiste Pierre Dardenne, effectuant un voyage d'étude dans notre vallée, donne de Massat le tableau suivant :


"Laissant derrière nous les escarpements raides et hérissés, les aspects sauvages du défilé que termine le village de Biert , nous nous trouvâmes au milieu d'une vallée riante, pittoresque, étendue, dans une ville fondée au sein d’âpres montagnes ,mais placée dans un site charmant , dans un terrain dont la végétation est forte et vigoureuse .

Imaginez vous une petite plaine où est placée une petite ville assez propre, assez bien bâtie, dont le clocher d'environ cinquante mètres domine et la ville et la campagne.

Imaginez vous cette plaine terminée de toutes parts par de hautes montagnes, cultivée de toutes les manières jusqu’à la cime, plantée d'une immensité d'arbres fruitiers, couverte ça et là de villages, de hameaux et d'autres habitations, peuplées d'une jeunesse brillante de santé, de propreté et de fraîcheur et vous aurez une idée de la situation de cette petite ville.

C'est la ville la plus peuplée du département, non en elle même, mais à cause des vallées environnantes qui ressortissent de son administration.

Elle est par là le centre d'une population de 8880 personnes ce qui fait que son maire est nommé directement par le premier consul…
Nous arrivâmes à Massat de très bonne heure: c'était le dimanche matin.
La population de la vallée y était répandue avec affluence tant à cause des cérémonies religieuses et des affaires qui se règlent ordinairement ces jours de repos…

Les garçons se faisaient remarquer par leur longue et blonde chevelure, leur fraîcheur, leur mise simple et propre, souvent par leur haute stature.

Les filles par une parure recherchée, un air d'innocence et de modestie, des yeux bleus et agaçants et par un teint fort blanc.

Des eaux pures et limpides arrosent sans cesse les principales rues de la ville et contribuent à y maintenir la propreté.
Son église, élevée sur une jolie place dont elle fait le principal ornement est un vaste édifice peu décoré dans son intérieur, mais riche de la belle population qui s'y réunit.
L'Eternel pourrait-il avoir plus beau temple que le cœur d'un peuple uni, simple et hospitalier? "

Pierre DARDENNE (1768-1857) était né à Toulouse; de 1797 à 1811 il fut professeur à Saint Girons et c'est pendant cette période qu'il fut chargé d’enquêtes locales par le préfet de l’Ariège. Ce dernier plagia ses travaux et contribua à "l 'exil" de Dardenne à Chaumont (Haute Marne) ou` il passa le restant de sa longue vie.

Le tableau idyllique qu'il trace ici de Massat est certes incomplet, mais, imprégné du charme du passé, il garde un profond accent de vérité.

Au début du XIXe siècle, Massat a connu un réel équilibre avant l'explosion démographique (vers 1850) puis le brutal exode.


(D'après P. Dardenne, l’Ariège au temps de Napoléon, présentation par Alain Bourneton, Editions du Boulbi, 1990)

 

Yvon PIQUEMAL.





Actualités