Palouma

En quatre mois de vie pyrénéenne seulement, Palouma a marqué les esprits et a rejoint le patrimoine montagnard. Elle reste dans les mémoires comme la première ourse à avoir rejoint les Pyrénées en 2006. Un symbole ! Cette page retrace son arrivée, sa vie dans les Pyrénées et sa disparition.


De la capture au lâcher


Tout le monde pressentait que l'évènement était imminent, mais qui se doutait que ce jour-là, lundi 24 avril, en fin d'aprés-midi, l'équipe slovène de capture opérant sur la réserve de Jelen (Sud Ouest de la Slovénie) capturait une jeune ourse qui allait être la première ourse lâchée dans les Pyrénées?

Palouma est âgée de 3 ans et demi et pèse 83 Kg. L'examen vétérinaire révèle qu'elle est en parfaite santé mais il est alors impossible d'établir si elle est pleine.

Une fois l'animal chargé dans la cage cylindrique spécialement conçue pour son transport, le véhicule quitte la Slovénie et prend la route vers la France, nouveau domaine de Palouma.

Une petite pose en route dans une clinique vétérinaire permet de procéder à la pose de l'émetteur VHF intra-abdominal, qui, en complément du collier GPS / VHF, permettra aux techniciens de suivre les déplacements de Palouma  dans les Pyrénées.

Le transport dure une vingtaine d'heures et se déroule sans encombre.


Un lâcher mouvementé

 

Pendant ce temps, ce mardi 25 avril à Arbas, des dizaines de personnes préparent le site de lâcher : aménagement du couloir de lâcher, préparation du sol pour relever les empreintes, pose d'appareils-photo et de caméras, contact des invités.

En fin d'aprés-midi, le convoi approche. Tout le monde regagne un site sécurisé en attendant de voir Palouma faire ses premiers pas dans les Pyrénées..

Il est environ 19 H, le véhicule est positionné, tout est prêt.

A quelques minutes du lâcher, des pétards et des bruits de cloche retentissent du versant opposé au site de lâcher. Une personne sort du bois, s'avance près de la camionette et explique que des opposants à l'ours ont investi les bois environnants pour empêcher ce premier lâcher. Nous apprendrons plus tard qu'ils étaient 7 au total.

Libérer Palouma à Arbas devient alors impossible. Aprés une vaine tentative de dialogue entre la Ministre et le porte-parole des opposants, la décision est rapidement prise de changer le site de lâcher.

Ce sera à Burgalays, au lieu-dit l'Artigue, sur le massif du Burat.

C'est vers 22H40, aprés un rapide regard vers les techniciens, que Palouma s'enfonce enfin dans la nuit pyrénéenne, loin de l'agitation et apparemment indifférente aux histoires des hommes.
Malgré les difficultés, les Pyrénées comptent ce jour-là un ours de plus.

Le plan de renforcement de la population ursine dans les Pyrénées a commencé.



La vie de Palouma dans les Pyrénées


Si on en croit les localisations, Palouma a très vite trouvé son territoire. Très tranquille, il ne lui a été imputé aucun dégât sur ruche ou sur ovin.

Après son lâcher sur la commune de Burgalays, sur le massif du Burat le 25 avril 2006, la jeune ourse a rapidement élu domicile dans le sud de la Haute-Garonne, fréquentant principalement le Luchonnais.

Elle y  séjournait encore quand on a cessé de recevoir les localisations GPS, le 16 août. Les dernières localisations la situaient en vallée d'Ôo.

Le 25 août vers 12 H, les techniciens retrouvent son signal grâce à un survol du massif par avion. Elle est alors sur la commune voisine de Loudenvielle, dans les Hautes Pyrénées.

L'avion est en effet un moyen rapide, efficace et économique de retrouver le signal d'un ours.

Ils rentrent satisfaits, sans savoir qu'elle est déjà morte ...



Palouma est morte



Vendredi 25 août, vers 14 H, deux randonneurs découvrent le corps d'un ours, à 2100m d'altitude, à quelques mètres du sentier de randonnée menant au lac de Caillauas, sur la comune de Loudenvielle. Ils préviennent la gendarmerie de Bagnères de Luchon le lendemain matin.

Les gendarmes et l'Equipe Technique Ours se rendent sur place samedi matin. Ils constatent plusieurs fractures, en particulier sur les membres inférieurs, et un hématome important sur le poitrail. Le corps de l'ours semble en bon état; elle se portait apparemment bien (avant la chute, bien sûr ...).

Le corps de Palouma est héliporté jusqu'à Luchon où l'Equipe Technique Ours est chargée du transport jusqu'à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse.

Le procureur ordonne une enquête judiciaire et demande une expertise approfondie du corps de l'ourse.

Une autopsie est pratiquée lundi 28 août matin. En fin d'aprés-midi, le procureur près le tribunal de grande instance de Tarbes diffuse un communiqué :


  •  Palouma a fait une chute
  • Elle est morte instantanément (et non suite à une lente agonie, comme certains opposants l'ont affirmé)
  • Palouma présente de multiples fractures, en particulier aux membres inférieurs et à la cage thoracique.
  • Aucune trace de corps étranger (balle, projectile).
  • la mort est estimée au 23 ou 24 août.


Par ailleurs, une enquête de terrain et l'analyse des données comprises dans le collier de l'ours pourraient fournir des informations complémentaires.

Vendredi 10 novembre 2006 : le procureur de la République de Tarbes rend public le résultat des analyses toxicologiques : aucune substance toxique n'a été décelée. Selon le procureur, la mort de Palouma est accidentelle.

Cependant, nombreux sont ceux qui douteront toujours, pensant qu'on a pu "l'aider à tomber ...".

Connaîtrons-nous un jour avec certitude les causes de la mort de Palouma ? Mystère ...


A la boutique

Pour ne pas perdre la trace de Palouma


Les Parrains
Renaud et Romane, parrains de Palouma
Palouma est parrainée par les artistes Renaud et Romane.
Le poème

" Palouma, Palouma,

Tu nous apportes la joie,

Dans notre village,

Tout est sage,

Palouma, Palouma,

On pense très fort à toi.

Ne reste pas dans ta cage,

Palouma, Palouma,

On espère que la France te plaira. "

Poème écrit par les enfants d'Arbas le jour du lâcher de Palouma