L'habitat

Chaque ours doit répondre au cours de son cycle annuel à une succession de besoins précis et variés. Ainsi l'hibernation, l'alimentation, la participation au rut, la recherche de sécurité et du confort thermique ne se font pas au même endroit et parfois pas de la même façon selon l'âge et le sexe des individus.

Préférentiellement, l’ours se situe à l'étage montagnard entre les zones collinéennes et subalpines fréquentées plus saisonnièrement. En Europe centrale, l’ours atteint son optimum biologique au niveau des forêts de hêtres situées entre 800 et 1200 mètres d'altitude, dont la diversité et la biomasse sont importantes.

Dans les Pyrénées occidentales, en raison des activités humaines et du déboisement, l'ours est repoussé à des altitudes supérieures en limite de l'étage montagnard (1500 m) et de celui du subalpin (1800 m). Une analyse de la sélection de l’habitat par les ours réintroduits en 1996 – 1997 dans les Pyrénées centrales et suivis par télémétrie montre qu’ils vivent préférentiellement entre 1300 et 1800 mètres d’altitude et sur des pentes comprises entre 30 et 40 degrés (QUENETTE, 2000). Par contre, l’orientation des versants n’a pas d’influence sur le choix des habitats de l’ours. Les résultats de cette étude montrent également que le choix des types de communautés végétales varie en fonction des saisons. D’une façon générale les ours préfèrent les couverts forestiers où ils trouvent refuge et protection, et évitent les milieux ouverts (prairies, landes, zones rocheuses).

 

  • Types de végétation 

L'ours brun est susceptible de fréquenter divers habitats, dès lors qu'ils comprennent des parties boisées peu utilisées par l'homme.

Les habitats les plus utilisés par l’ours dans les Pyrénées sont notamment les peuplements matures de hêtres et sapins, les fourrés de versants escarpés (Buxus sempervirens), les couloirs et lisières (Fagus sylvatica, Coryllus avellana), les pineraies clairsemées à Pinus uncinata, les couloirs à avalanches et pelouses humides (Heracleum pyrenaïcum), les landes «sub-alpines» à éricacées, les pelouses à espèces nitrophiles, les zones de lisières supérieures riches en arbustes à baies (Sorbus acuparia, Sorbus chamaemespilus).