L'OURS EN QUESTION , QUESTIONS SUR L'OURS ...







       Pour en savoir plus ...

Combien sont-ils ? Où sont-ils ?

 
 

Une vingtaine d’ours vivent actuellement dans les Pyrénées.
Comme pour toute population sauvage, il est impossible d’en connaître précisément l’effectif et les localisations en permanence.
Ils ne seraient plus que un ou deux aujourd’hui si nous n’avions pas lâché en Pyrénées Centrales trois ours en 1996-97 et cinq en 2006. En Pyrénées Occidentales (Béarn, Aragon, Navarre), il ne reste plus que trois à quatre mâles.
Une quinzaine d’ours vivent en Pyrénées Centrales et Orientales (Catalogne, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Pyrénées-Orientales).

 


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L’ours fait-il partie de la biodiversité

pyrénéenne ?

   
 

L’ours brun est présent dans les Pyrénées depuis 250 000 ans. C’est peu dire qu’il a eu le temps de s’y adapter… L’ours brun est donc un élément incontestable de la biodiversité pyrénéenne. À titre de comparaison, l’agropastoralisme s’est développé dans les Pyrénées il y a 3 000 ans environ, le mouton n’ayant pas d’ancêtre sauvage pyrénéen, ni même européen. Il descend du mouflon asiatique, domestiqué il y a 10 000 ans environ.

   
       

Et ailleurs ?

   
 

Toutes les populations d’ours d’Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce et France) sont réduites (entre 20 et 150 individus) et nécessitent des mesures de conservation. On trouve des populations plus importantes (plusieurs centaines à plusieurs milliers d’individus) en Europe centrale (Croatie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie…) et du Nord (Russie, Scandinavie).

   
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La population actuelle est-elle viable ?

   
 

Non. Ni en Béarn où il ne reste que 3-4 mâles, ni en Pyrénées Centrales, où les morts récentes des femelles Palouma et Franska fragilisent la population. Tant que nous n’aurons pas atteint le seuil d’au moins 50 individus recommandé par les experts internationaux, l’avenir de la population pyrénéenne d’ours ne sera pas assuré.

   
       

Comment l’ours se reproduit-il ?

   
 

L’ourse met normalement au monde deux ou trois oursons tous les trois ans. Les portées peuvent être espacées de deux ans et il est arrivé d’observer (jamais dans les Pyrénées) des portées de quatre, et même exceptionnellement cinq oursons. Mâles et femelles ne se fréquentent qu’au printemps, pour l’accouplement, et les oursons naissent en plein hiver, dans la tanière maternelle. A la naissance, ils ne pèsent que 300 grammes, mais ils prendront environ quinze kilos par an pour peser adulte 80 à 150
kilos pour une femelle et 120 à 250 kilos pour un mâle.

 

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Que mange un ours ?

   
 

Qu’il soit d’origine pyrénéenne ou slovène, l’ours brun est un omnivore opportuniste. Il glane le long de ses déplacements tout ce qui peut le nourrir. L’ours connaît bien son territoire et il sait où et quand il trouvera des aliments très différents au fl de l’année. C’est donc le milieu et les ressources du territoire qu’il fréquente, bien plus que son origine géographique, qui conditionne la composition du régime alimentaire de l’ours. Pas étonnant donc que les ours lâchés dans les Pyrénées aient le même régime alimentaire, végétarien à 70%, que les ours d’origine pyrénéenne.

 

 

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Les ours sont-ils nourris en Slovénie ?

   
 

Non, les ours vivent en Slovénie dans des conditions naturelles, comme dans les Pyrénées. Ils trouvent leur nourriture par eux-mêmes, dans un milieu très semblable à nos forêts. Mais, l’ours étant chassé en Slovénie, ils sont appâtés avec du maïs à proximité de miradors. Cette technique permet aussi de les compter, de les attirer vers les zones de capture afin de les équiper d’un émetteur-radio ou pour déplacement vers un pays souhaitant restaurer sa population d’ours.

   
       

Les ours s’approchent-ils des habitations ?

   
 

Oui. La nuit, en l’absence de toute présence humaine, il arrive qu’un ours s’approche d’habitations, comme le font des cerfs ou des sangliers. Cela ne constitue pour autant pas un danger, l’ours fuyant à la première perception de présence humaine.

   
       

Que représentent les dégâts d’ours ?

   
 

Les ours tuent environ 300 bêtes par an, pour l’ensemble des Pyrénées françaises (mais seulement 152 en 2008). Cela représente environ 1% de la mortalité domestique (30 000 à 40 000 bêtes meurent chaque année dans les Pyrénées d’accidents, maladies, prédations, vols, foudre…). En valeur économique, les dégâts aux cultures de sangliers sont environ dix fois plus importants que les dégâts d’ours.

   
       Un peu d'humour ...

De quoi meurent les ours ?

   
 

Un nombre important d’oursons meurent les deux premières années, d’accident (chutes-noyade...), de faim, de froid, de maladie, tué par un mâle adulte qui cherche à s’accoupler avec leur mère ou par d’autres prédateurs (carnivore, rapace).
Devenu adulte, l’ours peut vivre « vieux », c’est-à-dire jusqu’à 25 / 30 ans. Il meurt parfois avant, d’un accident de chasse, d’une collision avec un véhicule (voiture, camion, train), voire exceptionnellement d’une chute ou enseveli par une avalanche.

   
       

L’ours est-il dangereux ?

   
 

Non, pas particulièrement. L’ours brun européen est méfant et craintif envers l’homme. Il évite toute rencontre
autant que possible. En cas de rencontre, il cherche toujours à fuir. S’il se lève, ce n’est pas un signe
d’agressivité, mais une position lui permettant de mieux identifer par l’odorat ce qui approche.
En France aucun homme n’est mort d’une attaque d’ours depuis 1850.

   
       Un peu d'humour ...

Que faire en cas de rencontre ?

   
 

Rester calme ; ne surtout pas chercher à l’effrayer ; se manifester calmement s’il ne vous a pas repéré ; s’éloigner sans courir en lui ménageant un chemin de fuite. Les anciens conseillaient aux enfants de parler à l’ours, en étant poli avec lui afin de ne pas l’offenser.

   
       

Qui est responsable en cas d’attaque ?

   
 

Les animaux sauvages n’appartenant à personne, personne en particulier n’est responsable de leurs agissements. Le fait que des animaux soient réintroduits ne change rien à leur statut juridique. C’est volontairement et sans obligation que l’Etat a décidé d’indemniser les dégâts des ours aux troupeaux afn de favoriser la cohabitation élevage - ours.

   

LE SAVIEZ-VOUS ?

Une femelle ours peut
avoir dans la même  portée des oursons
de pères différents.

       

L’ours brun est-il menacé ?

   
 

Au cours de l’Antiquité, l’ours brun peuplait la quasi-totalité de l’Europe. Au cours du seul vingtième siècle, les territoires occupés par les ours se sont réduits de 80%. De nombreuses populations sont réduites, voire fragiles : Autriche, Espagne, Italie, Grèce, France ...
Chaque pays abritant encore des ours est maintenant responsable devant l’Humanité et les générations futures de la conservation de l’espèce. La France, souvent prompte à donner des conseils aux autres ne peut ainsi se soustraire à cette responsabilité.

 

 Télécharger le rapport de l'UICN sur les mammifères menacés en France
       

Quel est le statut juridique de l’ours ?

   
 

L’ours brun est une espèce protégée, c’est-à-dire que la destruction, la naturalisation, le transport, le commerce… mais aussi la mutilation et le dérangement, sont interdits.
Plusieurs textes internationaux imposent à la France de conserver une population d’ours viable, notamment la Convention de Berne et la Directive européenne « Habitats, faune, flore ».
La remise en cause de ces textes étant illusoire, la France n’a pas le choix : elle doit sauver l’ours dans les Pyrénées.

   
       

N’aurait-il pas mieux valu conserver l’ours d’origine pyrénéenne ?

   
 

Bien sûr ! Mais la politique de protection fut bien trop tardive et trop molle pour cela.
Quand les premières actions de protection ont été mises en œuvre, au début des années 80, la population était déjà trop faible pour se maintenir à long terme … A l’époque, les associations étaient déjà bien seules à militer pour sauver l’espèce.
Certains qui prétendent aujourd’hui être favorables à la protection de l’ours pyrénéen (mais contre les lâchers d’ours venus de Slovénie) étaient en vérité bien silencieux quand c’était encore possible de les sauver…

   

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’hiver, l’ours ne s’alimente pas, ne boit pas non plus. Afin d’éviter la déshydratation, l’eau contenue dans ses urines est recyclée en permanence.

       

Comment sont suivis les ours ?

   
 

Les ours lâchés en 2006 ont été équipés d’un système de localisation par satellite et par télémétrie classique « radio ». Le système, intégré dans un collier spécial transmet périodiquement les dernières localisations de l’ours. Ce système fonctionne un an environ, puis le collier se détache automatiquement.
Aucun ours lâché en 2006 n’est plus suivi par cette méthode dans les Pyrénées depuis l’été 2007.
Les ours lâchés portent également un émetteur radio intra-abdominal, que les techniciens peuvent détecter sur le terrain à l’aide d’une antenne directionnelle. Trois ours étaient encore ainsi régulièrement localisés fin 2008 : Hvala, Balou et Sarousse.
Les autres ours peuvent être repérés soit par leurs traces, empreintes, poils, crottes, dégâts…), soit par analyse génétique (depuis les poils et les crottes trouvées sur le terrain), soit par piège-photo.
Bien que ce suivi indirect ne soit pas aussi précis que le suivi par radio ou par satellite, il permet néanmoins d’avoir à long terme une bonne connaissance de la population et des territoires utilisés.

 



 
Un peu d'humour ...
       

Comment connaître les déplacements des ours ?

   
 

Les informations collectées sont disponibles par téléphone (au 05 62 00 81 10, un répondeur actualisé chaque jour donne les dernières infos), soit par internet, sur les sites www.ours.ecologie.gouv.fr et
www.paysdelours.com.

 

       

Comment vont Balou et Boutxy ?

   

Boutxy a été percuté par un minibus le 15 août 2008 sur la Nationale 20 en Ariège. Il a été revu dans le courant de l’été, boitant mais semblant malgré tout dans un état de santé convenable.
Balou a été blessé par un chasseur qui croyait tirer un sanglier. Il est blessé à la patte avant droite. Des traces relevées et une photo montrent qu’il ne posait toujours pas la patte au sol pendant l’été 2008. Il a poursuivi ses déplacements tout l’automne en Haute-Ariège, et s’est endormi pour l’hiver 2008-2009 sur la commune d’Orlu.

 
 
      Balou (patte avant droite levée)

Pourquoi ne soigne t-on pas les ours blessés ?

   
 

C’est une opération courante pour les oiseaux et les petits mammifères. Mais capturer un ours est une opération délicate, présentant des risques, pour l’animal comme pour les hommes ; De plus, si l’animal n’était pas soignable sur place, toute mise en captivité pour soins, même courte, rendrait son relâcher impossible car il s’accoutumerait à la présence humaine. 
En septembre 2008, la capture de Balou, blessé à la patte par balle, a toutefois été tentée. Il était devenu tellement méfiant que cela a été impossible. Heureusement, il s’en est remis, tout comme Boutxy, percuté par un véhicule en août 2008.

   

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