L'ours en question, questions sur l'ours





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Nos ancêtres s’en sont débarrassés, pourquoi lâcher des ours ?

 
 

Nos ancêtres n’avaient pas le choix. Dans les petits troupeaux de l’époque, la survie de chaque bête était vitale pour l’exploitation. Les bêtes tuées par l’ours n’étaient pas indemnisées et les moyens de protection n’étaient pas subventionnés. Chasser les ours prédateurs rendait donc service aux éleveurs, et générait un revenu important pour des chasseurs spécialisés dans la chasse à l’ours: primes, quêtes, vente de la peau, de la viande, de la graisse... Au XIXème siècle, les oursons capturés étaient vendus aux montreurs d’ours et des chasses « safaris » lucratives étaient proposées aux riches touristes.
Dire pour autant que nos ancêtres aient cherché à exterminer l’espèce est excessif. S’ils l’avaient voulu, il n’y aurait plus d’ours dans les Pyrénées depuis bien longtemps, comme c’est le cas pour le loup. D’autre part, on restaure bien le patrimoine bâti, pourquoi pas le patrimoine naturel? N’aurions-nous besoin que de biens matériels et d’objets manufacturés ?

 


© éditions Larrey
       

Pourquoi sauver l’ours ?

   
 

C’est avant tout une question éthique et morale ! La bonne question n’est-elle pas plutôt « avons-nous le droit de laisser disparaître cette espèce ? ». Si oui, pourquoi pas d’autres ? Renoncer à une seule espèce, c’est accepter la disparition de toutes. L’ours n’est ni utile, ni nuisible ; il n’a pas à se justifier d’exister. Comment pourrions-nous continuer de demander aux autres pays de protéger lions, tigres, éléphants et baleines, si nous-mêmes ne sommes pas capables de sauver l’ours dans les Pyrénées? Son image, forte et positive, constitue également  un potentiel de valorisation économique et touristique que nous négligeons. C’est une raison supplémentaire de le protéger.

   
       

L'habitat pyrénéen est-il toujours favorable à l'ours ?

   
 

Oui, les experts estiment qu'au moins 250 ours pourrait vivre dans les Pyrénées. La forêt (et la montagne en général) était autrefois beaucoup plus fréquentée par les hommes : de nombreux hameaux ont été abandonnés, et certains métiers ont disparu, comme les charbonniers ou les mineurs. Depuis 150 ans, la forêt pyrénéenn e ne cesse donc de s’étendre alors que la population humaine vivant et travaillant dans ces montagnes diminue. Notre fréquentation de la montagne et de la forêt pyrénéennes est aujourd’hui très inférieure à ce qu’elle était autrefois, y compris en intégrant le tourisme. Les ours ont tout l’espace nécessaire à leur bon équilibre dans les Pyrénées.

   
       

Ours slovène, ours pyrénéen, quelle différence ?

   
 

Ils appartiennent tous deux à la même espèce, et à la même lignée occidentale d’ours européens. Par ailleurs, les habitats étant proches, les ours pyrénéens et slovènes ont exactement le même comportement et le même régime alimentaire.
La meilleure preuve a sans doute été apportée par Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne : elle a choisi Néré, un jeune mâle d’origine slovène comme père de son dernier ourson… Les animaux apportent parfois eux-mêmes les réponses aux questions que se posent les hommes...

 

Un peu d'humour ...
       

Qui décide de lâcher des ours ?
Quel rôle jouent les associations ?

   
 

La protection de la nature, donc de l’ours, est de la responsabilité de l’État, en application des lois françaises et européennes. Depuis 30 ans pour certaines, les associations jouent un rôle d’aiguillon et d’innovation.
C’est sous la pression des associations réunies au sein de la coordination Cap Ours et avec le soutien de la population, que l’État travaille à la conservation de l’ours brun. Ce faisant, nous ne demandons que l’application de la loi.
Ce sont également les associations qui ont créé les mesures innovantes permettant une meilleure cohabitation homme-ours. Le FIEP Groupe Ours Pyrénées a « inventé » dans les années 80 les primes de dérangement, les héliportages gratuits de matériel pastoral, et les radiotéléphones gratuits pour les bergers de la zone à ours. Ce sont encore des associations (FIEP et Pays de l’Ours - Adet) qui ont accompagné les éleveurs volontaires dans des initiatives de valorisation des produits pastoraux des vallées à ours (fromage « Pé Descaous » et « broutard du Pays de l’Ours »). Par ailleurs, Pays de l’Ours - Adet travaille à la valorisation touristique de la présence de l'ours avec les professionnels et les Communes intéressés.

   
       

Y aura-t-il d’autres lâchers ?

   
 

Oui, c’est indispensable si l’on veut reconstituer une population viable dans les Pyrénées. Deux problèmes sont à considérer : l’effectif et la génétique. Il faut tout d’abord plus d’ours, notamment de femelles reproductrices. C’est particulièrement urgent en Béarn où il ne reste plus que 2 mâles... Il faut également continuer d’apporter « du sang neuf », y compris en Pyrénées centrales, afin d’éviter les problèmes de consanguinité. En deçà d’une cinquantaine d’ours, répartis sur l’ensemble de la chaîne, il n’y a pas d’espoir de maintenir l’espèce à long terme.

 
Un peu d'humour ...
       

Quelle concertation locale ?

   
 

Avant de procéder aux lâchers d’ours, l’État a toujours consulté le public, les élus, les scientifiques et les usagers de la montagne. Depuis 2007, tout lâcher d’ours est obligatoirement précédé d’une consultation du public et des collectivités locales.
Quel projet fait l’objet de plus de concertation que le retour de l’ours ? Nombre d’élus et de professionnels qui se plaignent du manque de concertation ont en fait boycotté les réunions.

 
Un peu d'humour ...
       

Pourquoi lâcher des ours slovènes ?

   
 

Pour les lâchers de 1996-97 et 2006, une étude approfondie des critères biologiques, génétiques, d'habitat, de comportement, d'état sanitaire... a conclu que la Slovénie était la meilleure source disponible pour renforcer la population pyrénéenne. La réussite des premiers lâchers conforte ce choix pour l'avenir...

   

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Les ours lâchés dans les Pyrénées se sont-ils bien adaptés ?

   
 

Tout montre que oui. Les ours lâchés se reproduisent normalement, le nombre d’oursons par portée est normal (2 ou 3), et leur survie est normale, voire même bonne.
Tous les individus capturés étaient en bonne santé, et dans un bon état d’engraissement. Alors qu’il ne restait que 5 ours dans les Pyrénées en 1995, ils sont maintenant une bonne trentaine. La population augmente lentement mais régulièrement. Par contre, s’adapter au retour de l’ours pour les hommes n’est pas toujours simple.

   

Hvala, Pollen et Bambou
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Plusieurs ours sont morts. Fallait-il les laisser en Slovénie ?

   
 

Malheureusement, dans toute action de restauration de population, il y a un peu de mortalité. Toutefois, les ours lâchés dans les Pyrénées ont été prélevés sur les quotas de chasse en Slovénie. S’ils n’avaient été capturés et transportés ici, ils auraient été tués là-bas...

   
       

Combien ont touché les communes pour les lâchers d’ours ?

   
 

Rien. Aucune des communes candidates aux lâchers d’ours de 2006 n’a touché pour cela un seul euro, directement ou indirectement.
Les comptes des communes sont publics.
Toute personne souhaitant le vérifier peut le faire librement..

   
       


Combien coûte la protection de l'ours ?

   
 

Le coût du programme Ours s’élève à environ 1,6 millions d’euros par an, soit 3 centimes d’euros par Français… Soit encore l’équivalent de 4 ronds-points par an sur nos routes nationales…
Cela ne représente qu’une très faible part du budget de la France.
La protection de l’ours coûte aujourd’hui d’autant plus cher que nous n’avons pas été capables de conserver la population pyrénéenne. Réparer coûte toujours plus que conserver…

   
       
 

Les espagnols vont-ils lâcher des ours venant des Monts Cantabriques ?


   
 

Les ours cantabriques conviendraient très bien pour renforcer la population pyrénéenne, mais jusqu’à présent, les Espagnols ont refusé de donner des ours, considérant que la population des Monts Cantabriques (200 ours environ) restait trop faible pour prélever des individus.
La volonté politique de renforcer la population pyrénéenne d'ours évolue positivement en Espagne. Ils doivent lâcher un mâle d'origine slovène en Catalogne (Pyrénées centrales) en 2016.

 

   
       
 

Pourquoi n'y a t-il pas eu plus de lâchers ?


   
 

Depuis les derniers lâchers en 2006, les différents gouvernements ont réalisé beaucoup d'études et de concertations. Cela n'a pas abouti à de nouveaux lâchers car les responsables politiques ont préféré renoncer plutôt que de mécontenter les lobbies des opposants qui, bien que minoritaires, se sont fortement, et parfois violemment, manifestés.

   
       
 

La France a-t-elle un plan de protection de l'ours brun ?


   

Non, plus depuis l’expiration du dernier plan, le 31 décembre 2009. Malgré les nombreuses réunions de concertation et missions d’étude et d’évaluation le préconisant toutes, le gouvernement n’a toujours pas défini de nouveau plan de protection.

 

   
       

 

Combien faut-il lâcher d'ours pour sauver l'espèce ?


   
 

Selon les études de l’ONCFS, il faudra lâcher 13 ours (dont 10 femelles) en Pyrénées occidentales (Béarn) et au moins 4 femelles en Pyrénées centrales pour assurer durablement l’avenir des deux sous-populations.

 

   


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