L'ours en question, questions sur l'ours





       Pour en savoir plus ...

Nos ancêtres s’en sont débarrassés, pourquoi les réintroduire ?

 
 

Nos ancêtres n’avaient pas le choix. Dans les petits troupeaux de l’époque, la survie de chaque bête était vitale pour l’exploitation. Une bête tuée par l’ours n’était pas indemnisée et les moyens de protection n’étaient pas subventionnés. Seule « solution » à l’époque, les éleveurs demandaient aux chasseurs de les débarrasser des ours prédateurs. Des chasseurs professionnels vivaient en partie des primes et du commerce d’ours tués (peau, viande, graisse...).
Au 19e siècle, les oursons capturés étaient vendus aux montreurs d’ours et des chasses « safaris » étaient parfois vendues aux riches touristes.
Dire pour autant que nos ancêtres ont cherché à exterminer l’espèce est excessif. S’ils l’avaient voulu, il n’y aurait plus d’ours dans les Pyrénées depuis bien longtemps, comme c’est le cas pour le loup. Réduire l’ours à cette image de nuisible à abattre, c’est pervertir le patrimoine culturel pyrénéen.

 


© éditions Larrey
       

Pourquoi sauver l’ours ?

   
 

C’est avant tout une question éthique et morale. La bonne question n’est-elle pas « avons-nous le droit de laisser disparaître cette espèce ? ».
Si oui, pourquoi pas d’autres ? Renoncer à une seule espèce, c’est accepter la disparition de toutes.
L’ours n’est ni utile, ni nuisible ; il n’a pas à se justifer d’exister.
Il bénéficie par ailleurs d’une image très forte et très positive. Les Pyrénées ne sortiraient que renforcés et valorisés de rester le « Pays de l’Ours ».
Comme en témoignent les expériences internationales (Italie, Grèce, Espagne…), il y a là un potentiel de valorisation économique et touristique que nous négligeons.
C’est une raison supplémentaire de le protéger.

   
       

Ours slovène, ours pyrénéen, quelle différence ?

   
 

Ils appartiennent tous deux à la même espèce, et à la même lignée occidentale d’ours européens.
Par ailleurs, les habitats étant comparables, les ours pyrénéens et slovènes ont exactement le même comportement et le même régime alimentaire.
La meilleure preuve a sans doute été apportée par Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne : elle a choisi Néré, un jeune mâle d’origine slovène comme père de son dernier ourson …
Les animaux apportent parfois eux-mêmes les réponses aux questions que se posent les hommes …

 

Un peu d'humour ...
       

Qui décide de lâcher des ours ?
Quel rôle ont joué les associations ?

   
 

La protection de la nature, donc de l’ours, est de la responsabilité de l’Etat, en application de ses obligations et engagements internationaux.
Depuis 30 ans pour certaines, les associations jouent, un rôle d’aiguillon et d’innovation.
C’est sous la pression des associations, avec le soutien de la population, que l’Etat travaille à la conservation de l’ours brun. Ce faisant, elles ne demandent que l’application de la Loi.
Ce sont également les associations qui ont créé les mesures innovantes permettant une meilleure cohabitation homme-ours. Le FIEP Groupe Ours Pyrénées a « inventé » dans les années 80 les primes de dérangement, les héliportages gratuits de matériel pastoral, et les radiotéléphones gratuits pour les bergers de la zone à ours. Ce sont encore des associations (FIEP et Pays de l’Ours – Adet) qui accompagnent les éleveurs volontaires dans des initiatives de valorisation des produits pastoraux des vallées à ours (fromage « Pé Descaous » et « broutard du Pays de l’Ours »).
Par ailleurs, Pays de l’Ours – Adet a créé un réseau de professionnels autour de chartes de qualité « Pays de l’Ours », rassemblant les acteurs économiques locaux favorables et valorisant la présence de l’ours dans les Pyrénées.
Ils sont aujourd’hui plus de 120, accompagnateurs en montagne, aubergistes, hébergeurs, producteurs, éleveurs ...

   
       

Y aura-t-il d’autres lâchers ?

   
 

C’est indispensable si l’on veut reconstituer une population viable dans les Pyrénées.
Deux problèmes sont à considérer : l’effectif et la génétique. Il faut tout d’abord plus d’ours, notamment de femelles reproductrices. Il faut également continuer d’apporter « du sang neuf », afin d’éviter les problèmes de consanguinité. En deçà d’une cinquantaine d’ours, répartis sur l’ensemble de la chaîne, il n’y a pas d’espoir de maintenir l’espèce à long terme. Pour reconstituer progressivement une population viable, Pays de l’Ours – Adet propose de lâcher un ou deux ours chaque année dans les Pyrénées.

 
Un peu d'humour ...
       

Quelle concertation ?

   
 

Avant de procéder aux lâchers d’ours, l’Etat a largement consulté le public, les élus, les scientifiques et les usagers de la montagne. Plus de 120 réunions au total, entre 1995 et 2006, soit plus de 10 réunions par an en moyenne.
Quel projet a fait l’objet de plus de concertation que le retour de l’ours ? Nombre d’élus et de professionnels qui se plaignent aujourd’hui du manque de concertation ont en fait boycotté les réunions. Les mêmes ont encore boycotté la discussion fin 2008 et en 2009 dans le cadre du Groupe National Ours. Certains auraient souhaité que la concertation porte sur la décision de sauver l’ours. Mais cela était impossible et aurait été malhonnête de la part de l’Etat, puisque cette décision était déjà prise par le Parlement européen, puis français, depuis longtemps.

 

 

Un peu d'humour ...
       

Pourquoi des ours slovènes ? Pourquoi pas espagnols ?

   
 

Une étude approfondie a examiné les différentes hypothèses de population-source, sur des critères biologiques, génétiques, d’habitat, de comportement, d’état sanitaire … (cf tableau ci-contre).
Elles ont conclu que la Slovénie était la meilleure source disponible pour renforcer la population pyrénéenne.
L’Espagne aurait été meilleure encore, peut-être, de par sa proximité.
Toutefois, les Espagnols ont refusé de donner des ours pour renforcer la population pyrénéenne, considérant que le nombre d’ours présents dans les Monts Cantabriques (130 environ) restait encore trop faible.

   

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Les ours lâchés se sont-ils adaptés aux Pyrénées ?

   
 

Tout montre que oui. Les ours lâchés se reproduisent normalement, le nombre d’oursons par portée est normal (2 ou 3), et leur survie est normale.
Tous les individus capturés étaient en bonne santé, et dans un bon état d’engraissement.
Alors qu’il ne restait que 5-7 ours dans les Pyrénées en 1995, ils sont maintenant une vingtaine. La population augmente lentementmais régulièrement. Par contre, s’adapter au retour de l’ours pour les hommes n’est pas toujours simple..

   

Hvala, Pollen et Bambou
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Et Palouma ? Et Franska ?

   
 

Palouma et Franska ont été victimes à priori d’accidents, même si les circonstances de leur mort restent suspectes. Palouma est mystérieusement tombée d’une falaise, et Franska été percutée par une voiture en Hautes-Pyrénées, après avoir subi des battues d’effarouchement illégales, et même « pris du plomb »…
Pour autant, cela ne remet pas en question la bonne adaptation des ours. Partout en Europe, des ours meurent percutés par des véhicules (voiture, camion, train) de chutes accidentelles (zones escarpées, avalanches), d’accidents de chasse ou de braconnage. Ce qui est supportable par des populations d’ours importantes devient une catastrophe pour la petite population pyrénéenne. D’où l’importance et l’urgence de poursuivre les lâchers dans les Pyrénées.

   
       

Aurions-nous mieux fait de les laisser en Slovénie ?

   
 

Les ours lâchés dans les Pyrénées ont été prélevés sur les quotas de chasse en Slovénie. S’ils n’avaient été capturés et transportés ici, ils auraient été tués là-bas…

   
       

Combien ont touché les communes pour les lâchers d’ours ?

   
 

Rien. Aucune des communes candidates aux lâchers d’ours de 2006 n’a touché pour cela un seul euro, directement ou indirectement.
Les comptes des communes sont publics.
Toute personne souhaitant le vérifier peut le faire librement..

   
       

Y a-t-il d'autres expériences de lâchers d'ours en Europe ?

   
 

Deux autres pays européens ont lâché des ours bruns. Avant nous, les Autrichiens l’ont fait au début des années 90, et les Italiens entre 1999 et 2002. Tous les ours lâchés venaient de Slovénie.

Le cas italien est très similaire à l’expérience pyrénéenne. Ils ont lâché 10 ours en 3 ans (nous, 8 en 10 ans...), ont connu les mêmes
problèmes que nous (ours percuté, chute...), mais également une bonne reproduction.
C’est une expérience unanimement considérée comme positive, par les populations locales, les élus locaux, les scientifques et les observateurs.

Le cas de l’Autriche est différent : ils ont lâché moins d’ours et la population reste extrêmement fragile, bien que quelques individus soient revenus naturellement, en provenance de Slovénie également.

   


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