L'Ours en question, questions sur l'Ours




      Pour en savoir plus ...

Qui est pour ? Qui est contre ?

   
 

Tous les sondages montrent que les Pyrénéens sont très majoritairement favorables à la présence de l’ours dans les Pyrénées. C’est encore plus vrai quand on interroge l’ensemble des Français. Dans les Pyrénées, les opposants appartiennent essentiellement au monde de l’élevage. Une bonne partie des élus locaux les soutiennent. Contrairement à une idée reçue, les chasseurs ne sont pas majoritairement défavorables. Si la présence de l’ours ne les empêche pas de chasser, la plupart sont prêts à discuter d’adaptations permettant la cohabitation.

 

 
Télécharger "Empreinte N°5", présentant les résultats du dernier sondage sur l'ours dans les Pyrénées
(IFOP pour la Diren Midi-Pyrénées - Juillet 2008)
       

L’ours menace-t-il le pastoralisme ?

 
 

Non. Les dégâts restent faibles, moins de 1% des pertes globales, et sont bien indemnisés. De plus, les aides à l’élevage acquises grâce à l'ours permettent de limiter les pertes en finançant l’embauche de bergers, les chiens de protection, les clôtures électriques, le transport de matériel par muletage et hélicoptère, les radiotéléphones...
Grâce à ces mesures, les pertes de brebis en montagne sur le massif pyrénéen sont plus faibles aujourd’hui qu’avant les premiers lâchers d’ours.

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’attaque  par  un  ours  (ou  un  loup  dans
les Pyrénées Orientales) est la seule cause
de mortalité des brebis systématiquement
indemnisée.

       


Que représentent les dégâts d'ours dans les Pyrénées ?




Chaque année, les ours tuent en moyenne 150 à 200 bêtes dans les Pyrénées françaises. Soit moins de 1% des pertes annuelles et environ 0.03% du cheptel présent dans les Pyrénées chaque été.




       

La cohabitation Homme - Ours est-elle possible ?

   
 

L’homme et l’ours coexistent dans de nombreux pays d’Europe et du monde, dans des contextes géographiques, sociaux et culturels comparables aux Pyrénées.
Concilier activité économique et protection de la nature est une exigence évidente au XXIème siècle qui justifie entre autres le soutien indispensable apporté aux éleveurs.
De plus, la présence de l’ours constitue un potentiel de valorisation économique et touristique que nous négligeons. C’est une raison supplémentaire de le protéger.

   
       

Faut-il cantonner les ours dans un parc ?

   
 

Cette proposition de certains opposants à l’ours est totalement paradoxale et montre bien l’incohérence de leur projet : cela consisterait en effet à enfermer des animaux sauvages, pour pouvoir laisser divaguer des animaux domestiques !
On « marcherait sur la tête » !

   
Un peu d'humour ...
       

Faut-il choisir entre ours et élevage

dans les Pyrénées ?

   
 

Non. Raisonner ainsi, c’est maintenir le modèle de développement qui nous a conduit à la crise écologique actuelle.
L’heure n’est plus à l’opposition entre l’Homme et la Nature, mais à la conciliation des enjeux.
Les moyens existent, ils ont démontré leur efficacité.

   
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Quel est l’impact économique de l’ours dans les Pyrénées ?

   
 

Si l’on considère que les dégâts sont bien indemnisés (bétail, ruches), la présence de l’ours n’a pas d’impact négatif sur l’économie locale.
Aucune exploitation, aucun apiculteur n’a jamais cessé son activité du fait de l’ours.
À l’inverse, la présence de l’ours a permis de mobiliser des moyens en faveur de l’économie locale. Chaque année, plusieurs centaines de postes de bergers sont financés grâce à la présence de l’ours. La grande majorité n’existerait pas sans ces financements.
Par ailleurs, les postes de techniciens, de l’administration ou des associations, directement ou indirectement liés au programme « Ours » représentent une vingtaine d’emplois.
En équivalent temps plein, le programme « Ours » génère donc des centaines d’emplois, tous en zone montagne.
L’économie pyrénéenne doit-elle, peut-elle, réellement se passer de ces emplois ? Quel élu oserait réclamer la fermeture d’une PME de plus de 100 salariés dans les Pyrénées ?

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Un  éleveur  est  indemnisé  pour  une
attaque d’ours :
126 à 180 €/brebis
 + 50 € /brebis de
« manque à gagner »
+150  € / attaque  pour  le  surcroît  de
travail (recherche du cadavre …)


       

Comment concilier ours et élevage ?

   
 

En n’oubliant pas que les animaux domestiques doivent rester sous la protection de l’Homme.
Depuis des générations, nous avons imaginé les moyens de protéger les troupeaux des prédateurs. Les techniques modernes les rendent plus efficaces encore.
Regrouper les troupeaux le soir et les protéger avec des clôtures électriques et des chiens de protection est très efficace, surtout contre l’ours qui n’est pas un prédateur par nature, mais par opportunité.
Si on lui rend le bétail inaccessible, il se tournera vers d’autres sources de nourriture.

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le nombre de brebis « sauvées » par  les
chiens  de  protection  dépasse  chaque
année  le  nombre  de  brebis  tuées  par
des ours.

       

Et la chasse ?

   
 

Beaucoup de chasseurs apprécient l’ours. Là où il est chassé, c’est le gibier le plus « noble ».
On ne chasse pas l’ours en France, mais certaines pratiques de chasse peuvent déranger les ours, voire conduire à des accidents.
Il faut ainsi limiter les battues sur les sites vitaux des ours : zones d’élevage des oursons, de tanière, de nourrissage automnal notamment.
Un gros travail d’information et de sensibilisation des chasseurs a été fait, mais il faut le poursuivre.
Il faut être imaginatif et volontaire pour mettre en place avec eux des méthodes qui permettent de réduire les risques d’accidents. S'ils refusent cette voie contractuelle, les associations n'ont d'autre solution que les tribunaux pour faire respecter la protection et la tranquillité de l'ours... Les chasseurs pyrénéens doivent réapprendre à vivre avec l’ours.

   

       

Qu'est-ce qu'un ours "à problème" ?

   
 

En bon opportuniste, l’ours exploite avec une faculté d’adaptation étonnante toute possibilité de se procurer de la nourriture. Parfois, un ours peut ainsi prendre des habitudes qui nous posent problème.
Le comportement de l’ours vis-à-vis de l’homme est comme un miroir : s’il nous pose problème, c’est généralement que nous avons eu une attitude inadaptée.
Prenons l’exemple des ours qui viennent fouiner dans des décharges à proximité des villes et villages, comme en Roumanie. Un cas isolé n’est pas problématique en soi, mais il est important de ne pas donner aux ours la possibilité de s’y habituer. En effet, si l’animal associe l’homme à une source de nourriture, il peut devenir moins craintif et donc, devenir un « ours à problème ».

   



 Un peu d'humour ...
     

Que fait-on en cas d'ours "à problème" ?

   
 

Comme tous les pays d’Europe, la France a défini un protocole à suivre en cas de comportement problématique d’un ours.
D’abord, bien évaluer la situation ; ensuite, essayer de supprimer ce qui induit ce comportement (protéger les troupeaux, rendre les ordures inaccessibles...) ; puis, si cela ne suffit pas, essayer de «rééduquer» l’animal par des procédures d’effarouchement par exemple ; déplacer l’animal peut aussi être une solution ; on peut également l’équiper d’un émetteur afin de mieux le suivre et rendre l’effarouchement plus efficace ; enfin, si rien n’y fait, le protocole prévoit la capture définitive, voire l’abattage à tout moment si l’animal présente un danger réel pour l’homme, ce qui n'est encore jamais arrivé.

 


Télécharger le protocole "ours à problème" français. 
       

Qui paye les mesures de protection ? 

Sont-elles efficaces ?

   
 

En France, l’État a décidé d’aider les éleveurs à cohabiter avec l’ours. Ainsi, des mesures incitatives permettent aux éleveurs de mieux protéger leurs troupeaux : embauche de bergers, fourniture de clôtures électriques, mise en place de chiens de protection. Tous les éleveurs qui ont testé ces mesures constatent une baisse importante des pertes de bétail, généralement au-delà des pertes liées à l’ours lui-même. En effet, la conduite du troupeau et les soins prodigués par le berger évitent également des pertes par maladies, chutes, foudre… Une étude réalisée auprès d’une quarantaine d’éleveurs a permis de montrer que la mise en place de chien(s) de protection permet de réduire les pertes par prédation (y compris les chiens, la cause de prédation principale) et vol de 92% en moyenne !

 

 
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Quelle est la procédure d’indemnisation ?

   
 

Un berger ou un éleveur suspectant l’ours d’avoir attaqué son troupeau doit le déclarer au service départemental de l’ONCFS (ou au Parc National des Pyrénées). Un expert vient établir un constat qui, selon la conclusion, permet d’indemniser l’éleveur et le berger, très rapidement. En cas de doute sur la cause de la mort, une commission statue. Si un élément laisse penser que l’ours peut être mis en cause (traces, crottes à proximité, autres dégâts dans le secteur…), l’éleveur est systématiquement indemnisé. La France dispose du meilleur système d’indemnisation d’Europe, à la fois le plus rapide, le plus complet et le plus généreux.

 

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Et les dégâts indirects ?

   
 

Toute perte liée directement à une attaque d’ours et constatée par un agent de l’ONCFS ou du PNP est systématiquement indemnisée.
Des éleveurs présentent parfois la disparition de bêtes ou des avortements tardifs comme des conséquences d’attaques d’ours, mais le lien n’ayant jamais été établi, y compris par des vétérinaires, ces pertes ne sont pas indemnisées.

 
 
Un peu d'humour ...
       

Pourquoi entend-on plus les opposants que les défenseurs de l'ours ?

   
 

Les opposants à l’ours utilisent bien les médias, notamment la télévision et les quotidiens régionaux. Un message simple, clair et radical, ajouté à quelques actions spectaculaires, voire violentes, leur assure une bonne exposition médiatique. Pour cela, certains opposants à l’ours n’hésitent pas à diffuser de fausses informations, ou à propager des rumeurs. Que n’a-t-on pas entendu sur ces pauvres ours ! Ils devaient faire disparaître l’élevage, agresser les randonneurs ou encore importer la grippe aviaire en France... L’apocalypse dans les Pyrénées, rien de moins.  Bien entendu, rien de tout cela ne s’est produit.
De notre côté, nous nous sommes toujours interdit cette attitude et nous cherchons constamment à rétablir la réalité : certes, ce n’est pas facile de vivre avec des ours, mais ce n’est pas impossible. Nous nous tiendrons à cette attitude, la seule responsable sur le long terme.

   



Un peu d'humour ...

     
 

Combien y a-t-il d'ours brun eu Europe ?

   
 

Il reste environ 50 000 ours bruns en Europe, dont 36 000 dans la seule Russie.
Les effectifs les plus importants sont donc à l’Est (Russie, Balkans...) et au Nord (Scandinavie).
Les populations les plus menacées sont au Sud et à l’Ouest (Autriche, France, Espagne, Italie, Grèce).

 

   
       
 

Y a-t-il des dégâts, des accidents ?

   
 

Partout où il y a des ours et des troupeaux, il y a des dégâts au bétail, dans des proportions très différentes selon les régions.
L’impact de l’ours n’est pas seulement  lié aux effectifs d’ours, mais surtout au type de bétail et aux pratiques d’élevage.
Ainsi le petit bétail (brebis, chèvres) est le plus vulnérable, d’autant plus quand les troupeaux ne sont pas protégés (bergers, chiens de protection).
Nulle part en Europe l’ours n’est considéré comme un animal réellement dangereux.
Des accidents arrivent, mais restent rares et sont généralement liés à des erreurs de gestion humaine que nous avons évité dans les Pyrénées (dépôts d’ordures accessibles...).

 

   

     
 

Comment font-ils pour cohabiter ?

   
 

Dans la plupart des pays concernés, les populations locales ont toujours connu l’ours. Elles n’en ont pas peur et s’y sont adaptées.
En France, l’ours a bien failli disparaître et nous (ré)apprenons à vivre avec.

   
       
 

Les autres expériences de lâchers d'ours en Europe


   
 

Deux autres pays européens ont lâché des ours bruns. Avant nous, les Autrichiens l’ont fait au début des années 90, et les Italiens entre 1999 et 2002. Tous les ours lâchés venaient de Slovénie.
Le cas italien est très similaire à l’expérience pyrénéenne. Ils ont lâché 10 ours en 3 ans (nous, 8 en 10 ans...), ont connu les mêmes problèmes que nous (ours percuté, chute...), mais également une bonne reproduction.
C’est une expérience unanimement considérée comme positive, par les populations locales, les élus locaux, les scientifiques et les observateurs.
Le cas de l’Autriche est différent: ils ont lâché moins d’ours et la population reste extrêmement fragile, bien que quelques individus soient revenus naturellement, en provenance de Slovénie également.

 

   

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