L'Europe des ours

Les ours du Septentrion


Cette quatrième grande aire de répartition a été divisée en deux parties :



« Les marges de l’Empire »



  • Les Pays Baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie)





















Au fil des siècles, les ours ont disparu de Lituanie. Quelques individus mâles circulent encore en Lettonie. En Estonie, au contraire, la croissance a été continue depuis les années 1950 où leurs effectifs dépassaient la centaine. Aujourd’hui, on en recense plus de 800.

La zone de reproduction couvre environ 60 % du pays. Le noyau central se situe au nord-est du pays, dans les districts de Lääne-Virumaa, Ida-Virumaa et Jogenmaa. Plus de 10 % de l’Estonie sont classés zone protégée.
On trouve des ours à 70 km à l’est de Tallin, la capitale, dans le Parc national de Laheema.
Une dizaine d’autres parcs nationaux hébergent également le plantigrade comme, plus au sud, le Parc national de Soomaa, paysage de tourbières et de plaines inondées.
Les loups sont nombreux dans les 3 pays Baltes.

A gauche : Tourbière à Soomaa. Photo : Patrick Berry. A droite : photo J.P. Mercier.



  • La Biélorussie

Au début du XXe siècle, le nombre d’ours en Biélorussie amorce une chute rapide, jusqu’à l’extinction complète à l’ouest et au sud. La tendance s’accélère encore entre 1915 et 1925 puisqu’ils disparaissent de la plupart des forêts du centre et de l’est du pays. Les effectifs ne dépasseraient pas la centaine aujourd’hui.
Le noyau le plus important, avec au moins la moitié des ours du pays, a pour épicentre la réserve de biosphère de Berezinsky à 120 km au nord de Minsk.
Créée le 30 juin 1925, déclarée réserve de biosphère en 1972, elle s’étend sur 1 200 km² et longe sur 100 km la haute vallée de la Bérézina, dont elle tire son nom.
La part animale dans le régime alimentaire de l’ours augmente par rapport aux zones plus méridionales précédemment étudiées.
Il dévore par, par exemple,  le chien viverrin. Celui-ci, originaire de l’est de la Russie, est introduit dans la partie européenne de l’ex-URSS. Près de 9000 sont relâchés entre la fin des années 20 et le milieu des années 50 pour permettre l’exploitation d’une fourrure particulièrement appréciée. À partir de cette période, l’espèce accroît rapidement son aire de distribution en direction de l’ouest. Aujourd’hui il a atteint l’est de la France.
Les veaux de bison d’Europe, espèce elle aussi réintroduite peuvent également devenir les proies du plantigrade.

Parc de Béretzinsky. Photo : J.C. Génot.


« La Fennoscandie »

 

  • La Finlande


L’ours fait partie de la faune finlandaise depuis toujours. La destruction des grands prédateurs, ours, loups, lynx et gloutons est active depuis le haut Moyen-Âge.
Une centaine d’ours est tuée chaque année, au début du XXe siècle. En 2009, selon les scientifiques, les effectifs totaux atteignent entre 920 et 950 animaux. La principale zone de présence se situe à l’est, en Carélie finlandaise.
La part animale prédomine de mai à juillet dans le régime alimentaire de l’ours finlandais. À la fin de la belle saison, il recherche également les baies (myrtilles, camarines noires, cassis, groseilles, cranberries (fruits de la canneberge), lakka (photo).
Avec le cygne chanteur, l’ours est l’animal national en Finlande. Il fait l’objet d’un culte ancien. Plus tard, il devient l’emblème et le totem de certaines tribus, impose le respect et la crainte. Son image orne fréquemment l’entrée des propriétés. Il est néanmoins chassé et l’homme qui l’a tué en retire un grand prestige au sein de sa communauté. Sa viande, préparée en ragoût, braisée ou rôtie, figure parmi les composants de l’art culinaire finlandais. On trouve dans le commerce des conserves de pâtés et de ragoûts d’ours.

Lakka (fruits de la ronce des tourbières ressemblant à des framboises). Photo : J.C. Allemand.


  • La Suède et la Norvège

À partir du XVIe siècle, l’ours qui occupait toute la péninsule, se raréfie. Au tournant du XXe siècle, il devient rares dans les deux pays et disparaît de Norvège dans les années 1920. Après la décision des autorités suédoises de le protéger en 1927, les effectifs repartent la hausse, puis certains individus repassent en Norvège. Il y aurait aujourd’hui autour de 3000 ours en Suède et environ 120 en Norvège.
La zone de présence permanente de l’ours couvre les deux tiers de la Suède, depuis le Svealand, au nord-ouest de Stockholm, jusqu'à la frontière finlandaise, en Laponie.
En Norvège, ils sont présents essentiellement au sud (comtés du Hedmark et du Oppland) et au nord, en particulier dans le parc de Pasvik, dans le Finnmark, frontalier avec la Russie.
La recherche scandinave sur l’ours représente la première référence pour tous les chercheurs. Cette excellence doit beaucoup à la personnalité de Jon Swenson qui s’est imposé depuis plusieurs décennies comme l’un des plus éminents spécialistes de l’espèce en Europe
Dans les années 70, le retour de l’ours au sud de la Norvège provoque des dommages importants sur le cheptel ovin. Les moutons paissent librement sans gardiennage ni autre moyen de protection. Chaque année, entre 1991 et 2001, chaque ours du secteur, quelques dizaines tout au plus, tue 50 moutons en moyenne. Depuis, les éleveurs ont gardé et protégé leurs troupeaux ou se sont reconvertis dans l'élevage bovin, beaucoup moins vulnérable.
Des pertes régulières sur les troupeaux de rennes sont également dues à l’ours dans la partie septentrionale de la péninsule.

Photo : J.C. Allemand