Les pratiques cultuelles autour de l'ours

L'ours, animal sacré

 
Pendant très longtemps, l'ours a suscité l'admiration et la fascination auprès des Hommes, au point que ceux-ci vouent à l'animal un véritable culte.
Il faut savoir que bien avant le lion, et pendant des millénaires jusqu'au Moyen-Âge, c'est l'ours qui était considéré comme le roi des animaux en Europe, surtout dans le nord et le nord-est du continent.

 

 

L'époque préhistorique


Un intérêt tout particulier à l'ours, puisqu'ils ont eu la volonté de le représenter. Peut-être l'animal était-il Les dessins découverts dans les cavernes sont une preuve que les hommes préhistoriques portaient déjà même déifié...
De plus, la première statue conservée datant de la préhistoire, retrouvée dans la grotte de Montespan, représente un ours. C'est la plus ancienne statue d'argile modelée découverte à ce jour.

Ces objets d'art permettent aux préhistoriens de penser aujourd'hui qu'il  existait certainement, à cette époque, une pratique cultuelle de l'ours chez les premiers hommes.

« Dans la grotte Chauvet, découverte en 1994 en Ardèche, les peintures d'animaux datent d'environ 32 000 ans. Au centre de la «salle du crâne», on a trouvé ce crâne d'ours, placé sur un piton rocheux. Autour de lui, en demi-cercle, une douzaine d'autres crânes. Doit-on supposer l'existence d'une «religion de l'ours» chez les hommes de Cro-Magnon ou de Neandertal ? C'est une question qui fait débat chez les préhistoriens. Or l'existence d'un culte de l'ours est attestée dans les sociétés antiques et le haut Moyen Age chrétien. Et toutes les mythologies européennes font de l'ours un animal à part - dieu ou ancêtre de l'homme. Ces cultes sont-ils hérités du paléolithique ? Ils témoignent en tout cas de l'éclairage que l'histoire peut apporter à la préhistoire. »
Michel Pastoureau, L'ours, histoire d'un roi déchu, Seuil, 2007.


La mythologie grecque


Arthémis, déesse de la chasse (et des ours) a puni sa servante préférée, la nymphe Callisto, qui avait séduit Zeus alors qu'elle avait fait voeux de virginité pour servir sa maîtresse. Folle de rage, Arthémis transforma Callisto et son fils Acras, fruit de son union avec Zeus, en ours. Zeus, pour protéger Callisto et leur fils des chasseurs, les envoya dans le ciel et donna ainsi naissance à deux constellations : la Grande et la Petite Ours.


Les Germains


Chez les Germains, l'ours est un animal admiré et vénéré, il est le plus fort de tous les animaux.
Le passage à l'âge adulte des jeunes se traduisait par un rite dans lequel les futurs guerriers, pour prouver leur courage, devaient affronter un ours en combat singulier, à mains nues.
Les guerriers germains  prenaient des surnoms d'ours et portaient pour amulette des canines et des griffes d'ours. Au combat, ils étaient vêtus de peau d'ours. Pour eux, cet animal sauvage était le symbole de la guerre : ils cherchaient ainsi à capter sa force, qu'ils admiraient par dessus tout.


Les vertus de l'Ours


Si l'ours a commencé à être victime de la chasse au Moyen-Âge, il a rarement été exécuté pour sa viande qui n'était pas considérée comme étant vraiment comestible. On utilisait sa peau, bien-sûr, mais on croyait également  aux vertus médicinales de sa graisse ou de sa bile, qu'on utilisait pour la pharmacopée.
En effet, jusqu'au XVIII ème siècle, la bile d'ours fut considérée comme le remède à tous les maux, des blessures graves à la calvitie.

Certaines parties du corps de l'ours étaient également utilisées comme des talismans : canines, griffes, poils... Porter sur soi une partie de l'animal procurait un peu de sa force.

 


La Fête de l'Ours


Pendant longtemps, partout en Europe, le 2 février était un jour de fête païenne : "le Chant de l'Ours". Cette date correspondait à la sortie de tanière du plantigrade, et les européens fêtaient la reprise de ses activités.
Pour contrer l'évènement, l'Eglise, qui ne tolérait aucune manifestation païenne, prit la décision d'organiser, à cette même date, trois fêtes chrétiennes, dont la "Fête des Chandelles", plus connue aujourd'hui sous le nom de "Chandeleur".
Cependant, la Fête de l'Ours n'a pas été complètement oubliée puisqu'elle est encore célébrée sous forme de folklore dans certaines vallées pyrénéennes.