Massat



Histoire



Bien que traversée il y a quinze mille ans par des tribus nomades, la vallée de MASSAT ne fut peuplée qu’a partir du XI ème siècle.
Alors couverte d’épaisses forets infestées de grands prédateurs carnivores (ours bruns, pipistrelles noires, serpents solénoglyphes …) la vallée fut colonisée par des paysans venus de LOMAGNE (l’actuel département du Gers) ou ils étaient en surnombre.
Leur seigneur les envoyait ici pour défricher et mettre en valeur un terroir riche mais d’accès  difficile.
Pour mieux les inciter à la migration les familles reçurent des terres et des droits particuliers ou « franchises ».
Très vite les richesses minières et la production de charbon de bois, permirent une intense activité et la population s’accrut.
Une agriculture vivrière se développa  pour alimenter les nombreux ouvriers de cette vallée « industrielle ».
En effet, contrairement aux idées reçues, durant plus de sept cents ans l’activité des massatois fut plus industrielle qu’agricole.
On fabriquait ici quantité de charbon de bois qui servait à la fonte du minerais de fer dans les cinq forges catalanes de la haute vallée.
Après que fut découvert, en 1820, le moyen de transformer le fer avec le charbon de houille, le système ancestral des forges catalanes périclita.
La dépopulation s’amorça des le début du XIX ème, ne laissant subsister qu’une agriculture peu rentable, aux débouchés commerciaux aléatoires en raison de l’isolement.
C’est alors que la vallée s’inscrivit dans le processus bien connu d’exode rural, encore amplifié par les conséquences démographiques de la Grande Guerre.


Peu propices a la culture, les terres de haute montagne ne produisaient que  des céréales pauvres (seigle, sarrasin) et, trop tardivement, des pommes de terre.
L’élevage était plus prospère et de meilleure rentabilité. Grâce à l’apport des estives une forte production laitière distingua MASSAT comme l’une des plus fortes exportatrices de beurre.
Néanmoins cette activité restait peu rentable et les jeunes gens aspiraient à d’autres conditions de vie.
Ils émigrèrent nombreux, vers les bassins industriels et les grandes métropoles, pour les plus chanceux, dans l’administration ou l’armée.
Comme pour  beaucoup d’Ariégeois l’empire Colonial Français fut pour de nombreux massatois une providence….. en tout cas l’occasion d’inscrire la vie de leur famille dans la modernité.
Il faut attendre les années 1970 pour percevoir le frémissement d’un retour vers la montagne. Les néo-ruraux hirsutes, a tort, mais gentiment, qualifies de « hippies » ont longtemps fait sourire les autochtones.
Une génération après, beaucoup sont devenus chauves, mais leurs petits enfants animent nos écoles…